mardi 18 juillet 2006
A écouter sur France Culture
A ne pas louper, une série d'entretiens avec la philosophe Sandra Laugier, sur France Culture. L'entrée rêvée pour découvrir des auteurs comme Wittgenstein, Austin, Bouveresse, Cavell, etc.
jeudi 6 juillet 2006
Bensa - Zonabend sur France Culture
Vous pouvez écouter à cette adresse l'émission de ce matin de "La nouvelle fabrique de l'histoire" avec, entre autres, Françoise Zonabend et Alban Bensa.
J'attirerai votre attention vers la fin de l'émission. Il y a un début de polémique sympathique (bien que discret) entre Zonabend et Bensa, notamment sur l'usage de la notion de "représentation".
Françoise Zonabend en fait un usage distinctif, une spécificité du discours anthropologique (pour ceux qui écoutent c'est à la minute 32:57)
" [...]Il faut que je dise quelque chose que les autres n'ont pas dit, c'est à dire les physiciens, les, les les, les économistes peuvent dire beaucoup de choses sur ces, sur ce haut lieu des du risque et je me suis attachée à comprendre comment on pouvait vivre, comment on pouvait travailler dans ces usines à haut risque, c'est à dire je me suis attachée aux représentation (elle souligne le terme) et comment on met en place un certain nombre de stratégies défensives...[...]"
Cet usage de la notion de représentation est relevé par Bensa, qui critique (sans s'adresser directement à Zonabend) cette boîte noire qu'est actuellement (et depuis un bon moment déjà) la notion de représentation (il aime bien les boîtes noires Bensa, son écriture a besoin de cette dynamique déconstructionniste). (Pour ceux qui écoutent, minute 38:40)
"[...]Je pense que mettre l'accent sur des angles morts, ça facilite l'usage de la notion de représentation, c'està dire que si y'a pas de, y'a un vide documentaire on peut le remplacer par la notion de mentalité, en se disant/ ou par la notion de culture/ en se disant, ben voilà c'est parce qu'ils ont telle mentalité qu'ils agissent comme ça... alors moi je pense qu'il faut revenir au terrain...[...]"
Faire le coup du retour au terrain à Zonabend c'est pas très gentleman. Surtout pour lui expliquer qu'il faut contextualiser la production des discours pour éviter d'avoir à utiliser des catégories trop encombrantes. Zonabend sera doucement prise à partie plus tard par un des historiens présent. La question du journaliste dans cette discussion un peu décalée entre Bensa et Zonabend est, il me semble, très intéressante. Pour paraphraser Emmanuel Laurentin: mais pourquoi ce qui semble être un truisme d'un point de vue extérieure à votre discipline semble avoir tant d'enjeu dans votre critique anthropologique de l'anhropologie...mais oui pourquoi ?
En fin d'émission, on apprend que Bensa n'a pas signé la pétition "Sauvons l'anthropologie" alors que Zonabend l'a signé. L'argumentation de Bensa porte sur la proximité scientifique des anthropologues et des historiens: pas un mot sur l'organisation du recrutement du CNRS, sur la professionnalisation des jeunes anthropologues, sur l'absence de postes, etc. Il est peut-être copain avec Lenclud, mais de là à ensevelir les enjeux de cette réforme dans une argumentation de type épistémologique... L'argumentation de Zonabend porte quant-à-elle sur l'affirmation institutionnelle de l'anthropologie...on sent qu'elle veut soutenir les jeunes anthropologues, mais elle parle d'elle quand elle était jeune et, sans irrévérence, c'était pas hier.
Bon, puisque je n'ai parlé que de la fin de cette émission j'espère vous avoir donné envie de l'écouter toute entière...

