mardi 25 mars 2008
L'objet fuyant de la modélisation
Je suis actuellement en plein travail de modélisation. Je modélise un
process de design et l'intervention d'ergonomes durant ce design.
J'organise une ontologie sommaire à l'aide de rectangles, de ronds et de flèches, je confère des attributs à ces formes: des couleurs, des épaisseurs, etc. pour attribuer différents états ou différentes valeurs aux éléments fondamentaux de ce modèle. Je nomme et j'étiquette puis je spatialise l'ensemble, je compose des espaces communs, je distingues des aires, etc.
Ces pratiques sont absorbantes. Je peux passer des heures à affiner ma modélisation, à tenter de la simplifier, à chercher à la rendre plus explicite, moins complexe et plus belle (les considérations esthétiques pourtant peu pertinentes occupent pas mal mon temps...pas facile de choisir des couleurs assorties et suffisamment contrastées).
Ces pratiques sont super bouffe-temps, peut-être un trait hérité du support informatique. Je sens bien que je m'enfonce dans des détails sans importance...et pourtant le fait de manipuler la modélisation permet de se sentir "travailler"...et du coup légitime quelque peu ce temps mal employé.
J'ai le sentiment plus général que l'objet de toute modélisation est fuyant. Le travail de modélisation tend
à effacer son objet au profit de l'activité de mise en forme. La formalisation même, dès qu'elle trouve une voie, perd de vue les questions qui la dirigent: quel est l'objet de la modélisation? Quelles possibilités d'action doivent offrir cette modélisation? et en quoi une réponse à ces questions peut contenir des présupposés qu'il est nécessaire de dépasser?
lundi 8 janvier 2007
Ergonomie-anthropologie
Depuis quelques mois déjà je suis
donc rémunéré comme ergonome. Pour être plus précis je suis rémunéré comme
ergonome pour faire de la linguistique appliquée dans un contexte
industriel...original n’est-il pas ?
D’autres collègues travaillent pour et avec des ergonomes et... qu’on se le dise... (ou que du moins mes collègues sans-emplois se le disent), ce sont de très bon alliés dans notre insertion professionnelle.
Les points de contact entre l'anthropologie et l'ergonomie sont évidemment multiples. Je vais esquisser une comparaison, à compléter donc....
Les deux disciplines sont transversales ...enfin pour le dire autrement, les deux disciplines empruntent sans vergogne aux autres disciplines. L’ergonomie, (mon point de vue est évidemment celui d’un néophyte), est tournée vers les sciences cognitives et la physiologie. Elle en tire une approche du naturel orientée vers la modélisation et l’expérimentation, une approche commune avec les sciences expérimentales.
L’anthropologie s’est également orientée vers les sciences cognitives, mais en France le mouvement semble ne pas avoir rencontré le même succès qu’outre atlantique, ou du moins, ne pas avoir engendré des débats et des écrits de la même qualité (à noter que du coté de Nice des travaux se réclament des sciences cognitives et que c'est sûrement de ce coté là et pas au Nord qu'il faut chercher). L’anthropologie, tel que je la perçoie (que de précautions) est plus orientée vers une approche naturaliste de l’expérimentation (au sens littéraire du terme). Les descriptions et observations réalisées ne cherchent pas à faire la preuve de leur possible répétition. L'observation est irréductible...comme les gaulois (ouf un peu de détente).

