lundi 22 mai 2006
Description et interprétation
Il n'y a pas vraiment de sens à comparer une "description" et une "interprétation". Ce sont deux actes de langage bien distincts. Une interprétation et une description ne sont pas évaluées de la même manière. Une description sera évaluée en terme de précision ou de concordance par exemple, une interprétation en termes de pertinence ou de productivité. Notons que, pour évaluer une description, il est nécessaire de disposer de son objet, alors que pour évaluer une interprétation, nous ferons référence à l'activité dont elle participe. Paradoxalement, une interprétation a besoin de son objet pour faire valoir sa valeur, la description, quant-à-elle, peut se substituer à cet objet. L'interprétation présuppose d'autres interprétations, elle n'entend pas clore l'activité dont elle procède mais l'alimenter. Il est possible de dire que l'intertextualité construite autour de la description en anthropologie relève de l'interprétation, il n'en reste pas moins qu'il ne s'agit en aucun cas d'activités substituables. La description contient un programme d'action. La description d'un itinéraire peut être fait de telle sorte que son destinataire puisse éventuellement le reproduire, elle peut également être réalisée pour que son destinataire comprenne la difficulté du trajet. Ses termes dépendent d'une conception de sa finalité. Si le "comment" contenue
dans la description d'une organisation ou d'une pratique ne répond pas
aux mêmes exigences sémantiques qu'un "pourquoi", il n'en reste pas moins dépendant
d'une recherche téléologique. Les sous-questions permettant d'éclairer la pragmatique d'une description peuvent peut-être nous permettre d'avancer. Ainsi, on peut se questionner sur la position ou les motivations du producteur d'une description ou encore sur ce qu'il nous est possible de faire à partir de cette description ou encore sur l'effet produit ou recherché par son auteur. La question de la finalité d'une interprétation est relative à son contexte de circulation. Il faut toutefois noter qu'il existe une pragmatique à l'interprétation, les arts divinatoires en sont un bon exemple. Une interprétation permet certains usages de son objet, par contraste, on pourrait dire qu'une description permet une appropriation de son objet.
A revoir...

